Message d’adieu de Pascal Meunier, ambassadeur de France en Géorgie

Nous avons, Galia et moi, quitté Tbilissi ce matin après trois ans et demi d’activité intense au service du développement des relations franco-géorgiennes dans tous les domaines.

Je tiens à remercier le gouvernement géorgien de la confiance qu’il m’a accordée et du soutien qu’il a constamment apporté au renforcement et à l’élargissement de notre coopération.

Merci à tous les Géorgiens, qui nous ont offert non seulement leur légendaire hospitalité mais aussi une amitié sincère et durable que nous emmenons avec nous. Nous leur disons : à bientôt.

Merci à mes collègues du corps diplomatique. Nous formons une belle équipe. Leur connaissance intime des réalités géorgiennes et la finesse de leur analyse m’ont été très utiles comme elles le seront aussi pour mon successeur Diego Colas qui prendra ses fonctions dimanche soir et à qui je souhaite une mission fructueuse.

Nos pensées vont bien sûr également à la communauté française qui s’est agrandie au fil des ans. Grâce à l’école française du Caucase devenue lycée cette année après avoir reçu l’homologation de sa seconde, grâce à la CCIFG qui réunit autour de son président Antoine Bardon nos hommes d’affaires toujours plus nombreux à s’intéresser à la Géorgie, grâce à notre conseillère consulaire Lusine Bardon qui anime avec dynamisme cette communauté et grâce au dévouement exemplaire de notre consul Cindy Scriven , nos compatriotes vivent heureux en Géorgie - jai même eu l’heureux privilège de célébrer récemment le mariage de deux d’entre eux - et trouvent beaucoup d’occasions de se retrouver et de montrer leur esprit de solidarité à travers diverses actions caritatives : cross solidaire de l’école, Emmaüs Géorgie, IWAG, Winter Fair etc...

Enfin je tiens tout particulièrement à remercier mon équipe. Son enthousiasme et sa mobilisation constante nous ont permis d’atteindre des résultats dont nous pouvons être fiers.
• La mise en place du dialogue Amilakvari donnera une impulsion durable à notre relation dans tous les domaines. J’ai eu la chance de participer à deux visites présidentielles géorgiennes en France pendant mon séjour et à plusieurs visites ministérielles. Je remercie sincèrement le Président Giorgi Margvelashvili et la Présidente Salomé Zourabichvili de m’avoir fait l’insigne honneur de participer à notre réception d’adieu aux côtés de nos nombreux amis.
• Dans le domaine de la défense notre coopération revêt de nombreuses facettes et concerne à la fois l’armée de terre (Ecole de formation des troupes de montagne de Sachkere), l’armée de l’air (défense aérienne) et la marine (entraînements de sauvetage en mer à l’occasion d’escales de nos navires). Elle est également opérationnelle et le courage des soldats géorgiens est connu et apprécié de leurs frères d’armes. Ce n’est pas un hasard si M. Jean-Yves Le Drian, qui a effectué deux séjours en Géorgie (en 2016 comme ministre de La Défense et en 2018 comme ministre de l’Europe et des affaires étrangères ), a proposé de donner à notre dialogue stratégique le nom de ce prince géorgien Dimitri Amilakvari, mort au combat pour la France en 1942 après avoir rejoint la légion étrangère.
• En matière de sécurité intérieure la coopération exemplaire qui existe entre nos deux ministères nous a permis de trouver ensemble les moyens de lutter contre le crime organisé et l’immigration irrégulière, notamment les demandes abusives d’asile politique. Grâce à cette confiance et à cette détermination qui s’appuient aussi sur le soutien de l’Union européenne nous avons pu préserver le bel acquis que constitue la suppression de l’obligation de visas pour les courts séjours de citoyens géorgiens munis d’un passeport biométrique.
• Dans le domaine économique la Géorgie est devenu notre premier partenaire du Sud-Caucase. Dans beaucoup de domaines (transport, environnement, énergie, défense et sécurité, infrastructures, services) nos entreprises gagnent des marchés et se positionnent pour les futurs appels d’offres.
• Dans le domaine de la coopération nous sommes présents grâce à l’action conjuguée de l’ambassade et de l’AFD dans de nombreux secteurs. Efficacité énergétique, justice, affaires sociales, fond de pension, Developpement rural, formation professionnelle etc...
• Dans le domaine de l’éducation, nous pouvons nous réjouir d’avoir mis en place en moins de trois ans l’université franco-géorgienne qui accueillera ses premiers étudiants à la rentrée 2019. Il y a déjà 70 étudiants inscrits pour la rentrée 2019. Et nous en prévoyons au moins le double en 2020.
• Je mentionnerai pour terminer l’ébauche d’actions de coopération avec la société civile abkhaze dans les domaines de la santé, du secours en montagne et de l’enseignement du français. Ces actions d’accompagnement de l’effort de réconciliation soutenu par l’Union européenne et le conseil de l’Europe sont apolitiques et visent le bien-être des populations concernées. Elles permettent à des experts français, européens, géorgiens et abkhazes de partager leur expérience et d’en faire profiter la population.
• Toutes ces actions et bien d’autres encore liées au tourisme, à la gastronomie, à la viticulture, au secours solidaire n’ont été possibles que grâce à l’engagement et à l’énergie enthousiaste de mon équipe à tous les niveaux. Chefs de service, collaborateurs français et géorgiens, VIA et VIE, stagiaires. Leur nom et leur visage me viennent à l’esprit lorsque je pense à chacune de ces réalisations. Et je leur dis : vous pouvez être fiers de vous. Nous avons tous ensemble contribué à donner à notre politique de coopération de la substance et à l’inscrire durablement dans le temps. J’associe à ces remerciements nos collègues des différents ministères, des milieux économiques, universitaires, scolaires et culturels des deux pays sans le soutien desquels rien n’aurait été possible.
Qu’il me soit aussi permis de remercier mon épouse Galia. Sa présence à mes côtés m’a beaucoup aidé dans l’accomplissement de ma mission. Elle a su grâce à son empathie et sa gentillesse gagner le cœur de nombreux Géorgiens et me faire mieux découvrir ce peuple aux multiples talents et si attachant.

En un mot, nous avons été heureux en Géorgie et y comptons de nombreux amis que nous reverrons ici ou là, nous en sommes certains.

Nous souhaitons à Diego Colas, le futur ambassadeur, ainsi qu’à toute l’équipe de l’ambassade qui comprend au demeurant de nombreux nouveaux arrivants mille bonnes choses. Ils ouvriront ensemble un nouveau chapitre de cette belle histoire des relations franco-géorgiennes sans cesse enrichie.

Didi Madloba. Nahvamdis.

publié le 23/08/2019

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